La coordination marseillaise du Comité d'histoire de la politique de la ville, en partenariat avec la ville de Marseille, et avec le soutien du CRPV Cité Ressources, organise le mercredi 24 juin 2026 de 9h à 16h une journée d’étude intitulée "Ni invisibles ni silencieuses. Trajectoires et jeunesses féminines dans les quartiers prioritaires marseillais". Le collectif de chercheur.ses et de professionnel.les derrière cette organisation, a souhaité rendre visibles d’autres acteurs centraux des quartiers prioritaires, aussi bien dans le quotidien, que dans les associations ou encore dans le travail social : les femmes.
Dans les recherches en sciences sociales comme dans les médias, les figures des « jeunes » sont souvent masculines tandis que celles des femmes sont réduites à celles des « mères ». Actives autant que courtisées dans le jeu politique local marseillais, certaines femmes issues des quartiers prioritaires de Marseille sont pourtant aujourd’hui des figures majeures en politique et dans le monde associatif. À l’inverse, dans l’espace médiatique, les femmes des quartiers prioritaires sont souvent décrites comme des figures de l’apolitisme et les jeunes femmes comme invisibles. Face à ce paradoxe, il semble nécessaire de mettre en lumière les mécanismes, les étapes, et les dispositifs qui rendent et qui ont rendu ces trajectoires dès le plus jeune âge possibles ou impossibles, et d'interroger avec un regard critique leur invisibilisation. Il s’agira tout au long de cette journée d’apporter un point de vue local, qui sera éclairé par un apport historique et un apport sociologique, pour essayer de construire et d’analyser « en direct » une partie encore peu visible de l’histoire de Marseille et de ses quartiers populaires. Une tentative finalement de reconstituer l’épaisseur de l’histoire de ces actrices et de leur trajectoire tout en interrogeant comment les politiques publiques contribuent à formater les trajectoires des femmes.
Au programme, trois séquences dans lesquelles interviendrons des sociologues, des géographes, des historien.nes mais aussi des militant.es associatifs. Les tables-rondes successives seront l’occasion d’échanger sur la présence historique de la jeunesse féminine dans les QPV marseillais.